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Comment demander une augmentation ?

Vous avez des qualités professionnelles à faire valoir, mais comment concrétiser ces atouts sur votre fiche de paye? Dossier et conseils utilesOn peut prendre la hausse des investissements ou celle des exportations. On peut se pencher sur les prévisions de croissance ou le produit intérieur brut (PIB). Actuellement, tous ces indicateurs économiques poussent à l’allégresse et au retour des années fric!augmentationLes salariés profiteront-ils du boom des affaires? C’est évidemment le vœu de l’Union syndicale suisse (USS). C’est aussi le désir de nombreux employés qui s’en iront plaider individuellement leur cause auprès de leur patron. L’exercice est souvent redouté par les salariés. Comment ma démarche va-t-elle être interprétée?

A quel moment dois-je l’entreprendre? En quels termes vais-je m’adresser à mon supérieur hiérarchique? Quels sont les bons arguments que je peux utiliser? Comment réagir aux contre-propositions qui me seront faites?

Marche à suivre souhaitée

Le problème, c’est que les syndicats ne sont en l’occurrence pas d’un grand secours. «Notre philosophie c’est plutôt de défendre les intérêts collectifs», commente Matteo Poretti, secrétaire à l’Union syndicale vaudoise. «Nous conseillons aux intéressés qui nous sollicitent de faire valoir l’absence d’indexation ces dernières années, la baisse du pouvoir d’achat ou les salaires moyens de la branche», explique Francis Saudan, secrétaire syndical à la FTMH.

Pour le reste, débrouillez-vous! Les organisations de travailleurs n’offrent pas à leurs adhérents une méthode pour s’imposer. Souvent décontenancés par les tractations qui touchent leur porte-monnaie, les salariés apprécieraient pourtant de disposer d’une sorte de marche à suivre, de guide pratique.

Dans ce genre de négociations, les patrons, eux, n’hésitent pas à recourir à des formules stéréotypées ou puisées dans des livres de management. Daniel Chaffiol, un ingénieur de l’Ecole supérieure d’informatique de Lorraine, à Nancy, spécialisé dans les ressources humaines, s’est même amusé à en dresser la liste sur Internet (voir nos liens et notre article « argumentez« ).

Par bonheur, en cherchant bien, au rayon «art de négocier», les librairies fournissent aussi quelques pistes utiles aux travailleurs. «Après avoir articulé une prétention de salaire chiffrée, ne pas craindre d’attendre dix, vingt ou trente secondes la réaction de la partie adverse…», suggère par exemple Ray J. Lewicki, auteur de Negotiation (en anglais, aux Ed. McGraw-Hill).

«Cet automne, les perspectives conjoncturelles sont indéniablement favorables aux salariés, explique Daniel Held, consultant chez PI Management, à Lutry (VD), et chargé de cours de gestion des ressources humaines à l’Université de Neuchâtel. La marge de manœuvre des patrons dépend toutefois de la manière dont les entreprises rémunèrent leurs collaborateurs.»

Prenez les années de service des salariés. Si ce critère tend à devenir obsolète, certains employeurs tiennent encore à récompenser leurs employés les plus fidèles. Prenez les situations de famille. Dans un système de rémunération à la performance, on ne devrait pas tenir compte des charges qui obèrent les ménages. Or, certains patrons y sont encore sensibles…

Mais le must, aujourd’hui, c’est bien sûr le salaire au mérite – «une notion dont la mesure ne peut être que subjective, car déconnectée des résultats», observe Dimitri Weiss dans Les Ressources humaines (Ed. d’organisation). Longtemps réservée aux cadres, cette individualisation des traitements concerne une population croissante de travailleurs. Elle s’inscrit souvent dans un budget donné (la fameuse «masse salariale» à disposition) avec lequel jouent les responsables du personnel.

Aller voir ailleurs?

Et si, en dépit de l’euphorie économique ambiante, certains employés se voyaient opposer une fin de non-recevoir de la part de leur big boss? Les discours de plusieurs capitaines d’industrie ont déjà mis un bémol à maintes revendications de la base. La chimie bâloise, qui sert souvent de référence, parle, dans le meilleur des cas, d’une enveloppe de l’ordre de 3%. Et, dans le pire, d’un montant qui couvrira à peine l’augmentation du coût de la vie (+ 2%). Ce que confirmaient récemment dans la Sonntagszeitung les patrons d’ABB, de Swissair, des milieux de la construction et des transports.

Les recalés de la nouvelle prospérité seront-ils tentés d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte? «Les salariés déçus seront bien sûr enclins à changer d’entreprise, reprend Daniel Held. Avant de donner leur congé, ils feraient cependant bien d’en mesurer rigoureusement les conséquences. Notamment en se posant ces deux questions fondamentales:

  1. Mon job me rend-il heureux?
  2. Me permet-il de progresser?



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